A research programme by the Access to Medicine Foundation

Selon le rapport «Access to Medicine Index», la majorité des nouveaux médicaments requis en urgence à destination des populations les plus pauvres sont développés par une poignée de laboratoires pharmaceutiques (for Swiss media)

Amsterdam, Pays-Bas, 20 novembre 2018 – Le développement de nouveaux produits médicaux considérés comme prioritaires pour les habitants des pays à revenu faible ou moyen est fortement concentré: cinq entreprises pharmaceutiques et cinq maladies.

Le rapport «Access to Medicine Index» de 2018, publié mardi, est un classement indépendant des 20 principales entreprises pharmaceutiques en fonction de leurs efforts pour améliorer l’accès aux médicaments dans les pays à revenu faible ou moyen. En 2018, Takeda démontre une ascension fulgurante. En effet, la compagnie a fait un bond de dix places pour se classer au cinquième rang.

GSK maintient sa position en tête de l’Index. Novartis passe à la deuxième place, devant Johnson & Johnson et Merck KGaA, pour compléter le groupe de leaders de 2018.

Soixante-trois pour cent des projets de recherche et de développement prioritaires sont entrepris par les quatre plus grands laboratoires et Sanofi (6e).

«Le fait qu’une poignée de compagnies entreprenne l’essentiel des projets prioritaires de recherche et de développement démontre la fragilité de la situation. Le retrait d’un seul de ces acteurs engendrerait des conséquences considérables», a affirmé Jayasree K. Iyer, Directeur exécutif de l’Access to Medicine Foundation. «Si davantage d’entreprises se joignaient à ce groupe, cela apporterait une énergie particulièrement bienvenue.»

L’Index a mis en exergue le fait que la participation de l’industrie dans de telles activités de recherche et de développement se concentre autour de cinq maladies, et que la moitié de ces activités ciblent le VIH/SIDA, la tuberculose, la malaria, la leishmaniose et la maladie de Chagas. Ces cinq maladies sont la cible des initiatives mondiales en faveur de la santé qui sont soutenues par des donateurs internationaux. Au total, l’OMS et d’autres organismes ont identifié 45 maladies comme prioritaires pour la recherche et le développement.

L’analyse indique que la majorité des projets de recherche et de développement prioritaires sont réalisés en partenariat avec des organismes de recherche du secteur public. Néanmoins, certaines entreprises conçoivent des produits prioritaires sans aucune aide de ce type. À titre d’exemple,

Merck KGaA élabore des tests et des traitements pour la schistosomiase, une maladie parasitaire transmissible par l’eau qui touche environ 252 millions d’individus.

«Lorsque les priorités sont globalement définies et acceptées, cela influence clairement les efforts de l’industrie», a expliqué Danny Edwards, responsable de recherche pour l’Index. «Notre analyse a permis de démontrer que c’était le cas pendant l’étape de recherche et de développement, mais également les décisions prises par les entreprises afin d’améliorer l’accès aux produits après leur mise sur le marché. En résumé, lorsqu’il y a un appel à l’action ou des financements par des donateurs, les entreprises sont plus nombreuses à s’impliquer, notamment dans les régions affichant un faible potentiel commercial.»

La concentration des entreprises et des maladies se ressent également dans d’autres activités essentielles à l’accès aux médicaments. Par exemple, de petits groupes d’entreprises sont responsables de l’augmentation du nombre de stratégies tarifaires plus équitables et du développement de la planification de l’accès lorsque les produits sont encore dans le pipeline.

Des progrès ces deux dernières années

L’Index mesure les entreprises dans sept domaines de comportement importants pour améliorer l’accès aux médicaments.

En général, l’industrie continue de développer son approche quant à l’accès aux médicaments. Trois entreprises ont établi de nouvelles stratégies d’accès ou ont renforcé leurs stratégies existantes depuis l’Index de 2016. Cinq entreprises ont élargi leurs modèles commerciaux qui cherchent, explicitement, à considérer les habitants des régions défavorisées comme des clients. Les entreprises sont également plus transparentes quant aux zones d’application de leurs brevets. Ces informations sont très utiles pour les acheteurs de médicaments internationaux. D’autre part, les stratégies qui fixent des prix différents en fonction des différents segments de la population d’un pays sont de plus en plus sensibles à la situation financière de ces personnes.

Cependant, les performances restent faibles dans certaines régions. Par exemple, tandis que les entreprises augmentent leurs stratégies de tarification pour améliorer l’accessibilité de plus de produits, ils les appliquent dans peu de pays, principalement dans les marchés émergents.  De surcroît, bien que la concession de licences ait permis la fabrication et la distribution de versions génériques de tous les traitements recommandés pour les personnes souffrant de VIH/SIDA, leur utilisation se restreint à cette maladie et à l’hépatite C alors qu’elle pourrait être étendue à d’autres maladies.

Les entreprises ont plus de projets ciblant des priorités sanitaires mondiales qu’il y a deux ans. Depuis l’Index de 2016, au moins 66 produits ont été commercialisés. Ils visent 14 maladies couvertes par l’Index, dont la moitié cible des cancers. Voici d’autres exemples: 

  • Trois nouveaux comprimés pouvant chacun soigner les six principaux génotypes de l’hépatite C. Gilead a volontairement concédé des contrats de licence à 11 fabricants pharmaceutiques de médicaments génériques basés en Inde, ce qui a permis la fabrication et la distribution de deux de ces produits dans 105 pays à revenu faible ou moyen (Gilead et AbbVie).
  • Un comprimé à croquer adapté aux enfants pour traiter l’ascaris et le trichocéphale, qui touchent actuellement environ 795 millions de personnes. Johnson & Johnson s’est engagée dans un programme de don de 200 millions de doses par an jusqu’en 2020.

Depuis 2016, Novartis et Roche ont évolué dans le classement

Novartis est passé de la 3e à la 2e place et affiche des performances de pointe dans plusieurs domaines, notamment la recherche et le développement. L’entreprise possède un portefeuille important plus que jamais nécessaires, notamment trois traitements contre le paludisme au stade clinique. La société fait systématiquement preuve de prévoyance afin d’assurer que les habitants des pays à revenu faible ou moyen puissent accéder aux nouveaux produits. L’entreprise a etendue son programme « Novartis Access ». Pour USD 1 par traitement et par mois, le programme offre un portefeuille des médicaments variées, par l’intermédiaire des gouvernements et d’organisations non gouvernementales. Actuellement, le programme est déployé dans cinq pays : le Kenya, le Pakistan, le Rwanda et l’Ouganda.

Autrefois à la 19e place, l’entreprise Roche réintègre le top 10, notamment grâce au renforcement de sa stratégie visant à améliorer l’accès aux médicaments, ainsi que la transparence. La société utilise une méthode innovante qui adapte les plans d’accès en fonction des besoins des communautés locales, par exemple, grâce à des campagnes de sensibilisation ou à l’amélioration de l’accès aux diagnostics. Roche a mis en place de nombreuses initiatives pour l’amélioration de l’accès aux soins anticancéreux. Par exemple, à la fin de l’année 2016, Roche a conclu un partenariat de cinq ans avec le ministère kenyan de la Santé, afin d'améliorer les soins et les traitements pour environ 4’500 patients atteints de cancer du sein, chaque année, au Kenya.

Cancer

Le cancer touche de plus en plus de personnes dans les pays à revenu faible ou moyen. Ces régions totalisent environ 65% des décès mondiaux dus au cancer. Cette année, pour la première fois, l’Index a examiné les efforts des entreprises pour améliorer l’accès aux produits anticancéreux, en se concentrant sur ceux qui sont inclus dans la liste des médicaments que l’OMS juge essentiels pour tous les systèmes de santé. Soixante-douze  produits de ce type ont été identifiés. Novartis commercialise la majeure partie de ceux-ci, dont la moitié sont des produits anticancéreux liés à une initiative en faveur de l’accès.

Les efforts entrepris dans l’étape de recherche et développement pour planifier les initiatives d’accès aux produits anticancéreux traînent loin derrière ceux pour les maladies contagieuses. Des plans sont mis en place pour 5% des produits anticancéreux candidats au moment où ils atteignent les dernières étapes de développement, alors que ce chiffre atteint 54% pour les produits traitant des maladies contagieuses.

« La santé publique s’est largement améliorée au cours des dernières décennies. Tous les laboratoires pharmaceutiques que nous évaluons mettent en place des mesures spéciales, à divers niveaux. Cependant, pour combler le retard et garantir l’accès aux médicaments à tous, nous devons inclure d’autres entreprises afin de favoriser la diversité.» Jayasree K. Iyer, Directeur exécutif.

  • FIN DU COMMUNIQUÉ DE PRESSE     -

Note aux rédacteurs

Matériels médiatiques : Les graphiques et les chiffres issus des conclusions principales et les autres chiffres du rapport sont disponibles sur demande.

Access to Medicine Foundation, qui a publié ce rapport comparatif, est une organisation indépendante à but non lucratif basée aux Pays-Bas. Notre mission est d’améliorer l’accès aux médicaments dans les pays à revenu faible ou moyen en encourageant et orientant l’industrie pharmaceutique à jouer un plus grand rôle dans ce domaine.

Depuis 10 ans, la fondation travaille ardemment dans l’élaboration d’un consensus pour améliorer le rôle de l’industrie pharmaceutique dans l’accès aux médicaments et vaccins. Elle publie tous les deux ans le rapport « Access to Medicine Index ». La prochaine édition étant prévue pour fin 2018. Elle a également publié en 2017 le tout premier rapport « Access to Vaccines Index », et vient de publier le premier rapport comparatif « Antimicrobial Resistance Benchmark ».

Pour plus d’informations, prière de contacter :

Suzanne Wolf

Tél. : + 31 6 29 40 40 90 ou + 31 20 21 53 535 E-mail : swolf@accesstomedicinefoundation.org 

Site web: www.accesstomedicinefoundation.org



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